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Pensée du moment

"Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde".
Mohandas Karamchand Gandhi
17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 22:16
Et voilà… des vacances, du vide, de l’air, de nouvelles rencontres, de nouvelles femmes, on pourrait presque dire : un nouveau départ.

On a pourtant du mal à croire que ses meilleurs moments avec une personne, choses immatérielles si l’en est, sont réduits à l’état de quelques photos égarées sur un disque dur et de la bonne volonté d’une poignée de neurones répartis dans 2 cerveaux différents. Moi j’ai du mal à y croire. En fait, je ne veux pas le croire. C’est plutôt ça le problème.

Je sais qu’arrivé à un certain point entre 2 personnes, il y a une chance infime pour que quoi que ce soit puisse à nouveau se passer entre elles. Les 2 personnes sont les mêmes, dans les mêmes corps, faits des mêmes cellules, dans les mêmes conditions sociales… mais le poids du passé et des souvenirs est trop fort pour que l’envie revienne et convainque simultanément les 2 parties…

Mais comment oublier, quand on n’en a pas envie ? L’envie, toujours cette putain d’envie, y’a pas à dire, dans tout, c’est vraiment la clé. Il y a dans mon cerveau une partie qui ne veut  pas oublier et enterrer ces souvenirs sous autant de couches que des barils de boue radioactive sorties fraîchement de la centrale locale.

Comment oublier ces moments magiques où le temps semble suspendu et où la vie semble s’ouvrir enfin comme par magie, comme un rideau de théâtre qui s’écarte et nous découvre le décor de notre futur bonheur : des moments simples, vrais et donc beaux, des fous rires, des câlins, des jouissances vertigineuses, des gosses, un chez soi… tout ce qui magnifie la vie quotidienne, les soirées entre amis, jusqu’à la cuisine qui paraît subitement un lieu où on peut s’amuser. Ces moments où l’on découvre la pièce qu’on est venu voir, cette pièce qui est notre vie et pour laquelle le script n’est pas vraiment connu d’avance.

Quelques bribes jamais fixées

Et pourtant je les ai écrites, ressenties, pensées… mais jamais vraiment couchées sur le papier :

« Il est 5h, peut-être 6…Cela fait 2 heures que te regarde. Je suis réveillé comme en plein jour, comme un après midi d’été, incapable de refermer l’oeil. Le décalage horaire encore dans les pattes, impossible de retrouver une horloge biologique normale avant 1 bonne semaine de souffrance. Mais à ce moment précis, la souffrance est douce et j’aimerais que dure cet instant suspendu.

Toutes les villes un peu anglo-saxonnes ont le même son. Ca commence par un grondement sourd, quand le trafic se réveille, puis le son de plus en plus précis de la circulation, peu de klaxons mais des sirènes de police à la Strasky et Hutch. On distingue les bus, tous automatiques, qui crachent leur nuage de pollution après chaque feu rouge, chaque arrêt. A mesure que le trafic piétonnier se réveille à son tour, quelques éclats de voix, mais pas trop, si caractéristiques à l’anglais… Londres, Dublin, Edimbourg maintenant Sydney qui n’y échappe pas. Je suis sûr que New York sonne pareil.

Je te regarde. Ton visage est apaisé, naturel, fin. Tu sembles enfin relaxée des tensions de ces dernières semaines. Je te regarde et je retrouve ce charme si subtil dont je suis tombé fou au deuxième des baisers que tu m’as donné. Ce charme typiquement toi que je n’ai jamais vu chez personne d’autre. Un mélange latin de beauté sauvage et de subtilité dans les détails, une chaleur suave et tropicale qui se dégage de toi, c’est inimitable.

Tes yeux bougent sous leur paupière. Tes cils en font l’écho. Quelques mouvements des lèvres. Tu rêves. Sûrement une chevauchée sur la plage, un rêve de voyage, de liberté, de plénitude. J’aimerais y être moi aussi, mais je suis condamné par mon horaire d’avion à continuer ce caviar de contemplation de ta beauté : la vie n’est parfois pas si cruelle, il faudra que je m’en souvienne.

Un rayon de lumière du matin s’amuse à venir effleurer ta joue. Il caresse ton grain de peau, fléchit sur tes pommettes, s’engouffre dans les méandres de ta chevelure argentine. Avant de s’évanouir, un souffle s’en arrête sur le bout de tes cils, presque providentiellement, alors qu’un autre plus fluide qu'aérien coule dans le lit d’une mèche de cheveux avant de mourir dans le delta de l’oreiller. C’est une vision photographique en direct. Plus belle que ce que n’importe quel studio pourrait sortir. C’est une rivière de photons qui fait de toi une Venus antique en couleur, là, endormie, sous mes yeux. Tu peux me croire, Michel Ange en serait devenu hétéro. Dans quelques heures il y aura une étreinte, passionnée comme toujours, qui finira en jouissance à la limite de la limite qui nous fait à chaque fois chavirer.

Tu es si belle. Je sais que nous sommes différents mais je sais aussi que nous réussirons à nous comprendre. Ca sera dur, peut-être.

Des fois j’aimerais pénétrer ton cerveau et lui dire, en direct « comprends moi, aime moi, je ne te combats pas, je cherche à te comprendre, je t’aime. »

A défaut de pouvoir y pénétrer, je te chuchote quand même ces 3 derniers mots, tout juste plus fort que la circulation au dehors. Tu marmonnes quelque chose, incompréhensible, sûrement de l’espagnol, tu sers ma main dans la tienne. Je me sers contre toi dans le grondement de la ville et de ses détails sonores, je me perds dans tes cheveux qui sentent la plage et le soleil. Je donnerais tout ce que j’ai pour que ce moment ne s’arrête jamais, que la trotteuse s’arrête de trotter, que la circulation tourne à jamais autour du pâté de building, que les voitures de police Strasky et Hutch n’atteignent jamais leurs malfrats, que le soleil ne bouge plus, que les bus crachent leur pollution pour toujours, que les piétons piétinent sous la fenêtre jusqu’au prochain Big Bang. Que le monde entier soit au courant que tel bonheur peut exister et que, béat d’admiration devant telle pureté, il accepte de prolonger cet instant pour l’éternité, ne serait ce que pour qu’une personne au moins reçoive en une seule fois une dose d’amour qui soulagerait les peines de l ’humanité toute entière si elle lui était partagée. Je t’aime Soledad. »

C’était il y a 5 mois. Tout cela va-t-il disparaître comme si ça n’avait jamais existé ? Ne sommes nous réellement qu’ombre et poussière ? Telle magie peut-elle s’évanouir sans laisser aucune trace ?

Fixer… l’écriture, le dessin, la photo… aurais-je une obsession de la perte de ce que j’aime ?

Taliesin

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Published by Taliesin - dans blablaetrebla
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commentaires

alex 15/10/2007 14:47

Reconstitution de mes fesses...

Madison 22/09/2007 19:35

La douleur s'effacera... ces souvenirs resteront parce qu'ils t'auront enrichi pour aimer encore.Bises douces Talinou

bdu 20/09/2007 07:56

Un bonjour de Lucette

sandy 20/09/2007 07:09

" C'est beau et c'est vrai". ;))  Non mais sérieusement tu le sais, mais j'aime ta façon d'écrire... tu trouves les mots justes pour décrire des moments presque indescriptibles... Et pour le reste, je te souhaite tout le bonheur du monde, hein... alors courage!Bisous à toi, très bonne ptite journée! :)

Joyce 18/09/2007 12:35

Je viens de connaître un peu ça... On ne peut rien effacer. Il faut apprivoiser la mémoire, apprendre à vivre avec jusqu'à ce qu'elle devienne complice et nous amène un sourire en pensant à "avant".

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