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Pensée du moment

"Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde".
Mohandas Karamchand Gandhi
9 février 2006 4 09 /02 /février /2006 23:34
La musique celtique me rappelle Alice. Quand Loreena MacKennitt vient à mes oreilles, je me retrouve sur son lit, dans la voiture, avec elle à mes côtés. Luar Na Lubre me rappelle cet après midi de beau temps printanier passé dans sa piaule à découvrir le disque. Dan Ar Braz et quelques chants traditionnels me ramènent à nos dégustations de gaufres à Guérande et au sucre glace qui refuse de vouloir se comporter en aliment civilisé.

Si je passe Massive Attack je me retrouve dans cette boite où j’ai rencontré Kathy. Si je démarre Saint Germain je me souviens de nos petits déjeuners ensoleillés sur le balcon à déconner sur la forme des arbres du jardin. Diana Krall et Eagle Eye Cherry m’emmènent avec elle en Normandie pour un week-end de câlins et de balades à la plage en automne. Tendresse sur Norah Jones, sous la couette sur Zero 7.

Si j’enchaîne sur Bach je reviens à Alice et cette folle journée de concert classique. Quelques larmes coulent sur son Air. Puis les débuts d’Era me rappellent la musique des longs voyages en voiture, ces aller retours hebdomadaires avec la province, Nantes la belle, Nantes, et ma belle. Alice, les bords de l’Erdre, les crêperies du Bouffay, la passion, la vraie, ma première. Mike Oldfield, ses Songs of Distant Earth déroulent la route du dimanche soir, quand il faut quitter la belle et rentrer, se séparer, passer sa vie à se séparer pour revenir. Revenir sur Stoneage et les Chronovoyageurs, les Corrs et Talks on Corners, les 3 sœurs et le frangin d’Irlande qui ne cessent de m’émouvoir. Mike Oldfield et son Voyageur me nouent la gorge, Hevia me retourne, Wolfstone et leurs ballades écossaises m’arrachent une larme et me donnent envie d’y retourner là haut, au milieu des Lochs au fond des Glens. Mais plus tard, pour l’instant c’est bien l’Ouest ma destination. J’arrive devant la porte. Un baiser de la belle et je m’envole sur un Moby, why does my heart feel so bad alors qu’il se sent si bien et qu’il se laissera parcourir de petits éclairs pendant des heures avant de s’apaiser d’avoir retrouvé son compagnon féminin. Puis des câlins, encore, Keziah Jones et son échelle invisible accompagnent cette envie irrésistible de fusionner avec elle. Réveil du samedi matin, la belle à mes côtés, Keziah encore « Pleasure is kisses within ». Rien de plus beau au monde qu’une lumière du matin qui filtre par les vénitiens sur ma belle endormie.

Toutes les amours ont une fin hélas et c’est Dido qui accompagne celle-ci. No angel, mais elle en était tout de même bien proche. Un an de déprime qu’elle et un adagio d’Albinoni enlarment un peu trop souvent, mais aussi de révolte qui vient d’en bas et que Muse orchestre à la perfection. Sorties, excès pour oublier, quelques papillonnages, une ex qui devient amie, une folle qui me refait voyager et qui me largue aussi sec, je m’en-Muse et c’est l’origine de la symétrie qui mène la danse. M se déchaîne sur sa guitare mais n’oublie pas qu’il faut aussi oublier. Ben Harper me ramène à l’équilibre et number 3 accompagne les restants de solitude rebelles. Portishead s’assure tout de même d’une petite déprime régulière pour ne jamais oublier qu’on peut être très con.

Massive Attack entre en scène et les basses achèvent de décrasser les tympans et de débarrasser l’esprit de ses pensées tristes. De fil en aiguille, découverte du trip hop et de l’électro, ces merveilles de la création sonore que mes cellules ciliées refusaient d’accueillir jusque là, Bjork et son Homogenic mis à part. Maintenant, ils sont tous là, Massive, Archive, Nitin Sawhney, Goldfrapp, Transglob, Morcheeba, Talvin Singh,  Cinematic Orchestra, Zero 7, Hooverphonic, Emilie Simon, Craig Armstrong et ses envolées symphoniques, Gotan Project et la révolution, et tous leurs potes bien rangés et prêts à réveiller les voisins au moindre mouvement du bouton volume. 2 concerts de Massive plus tard quelques autres qui défilent, Emilie, Morcheeba, Archive, l’impression qu’une ère de la musique démarre.

De nouvelles connaissances qui se révéleront être d’excellents amis déboulent dans ma vie sans crier gare. Vincent Delerm entre sans frapper. Miossec et 1964 s’invitent à l’improviste. C’est un véritable moulin ici, et tout cela me fait découvrir qu’il y a encore une scène musicale en France, qu’elle apporte peut-être la fraîcheur que l’anglo-saxonitude de mes goûts avait laissé de côté. La vie a du bon tous les jours, j’aime bien faire la cuisine avec Kathy, j’arrête de fumer pour de bon et on m’offre un tablier pour arrêter de me salir quand je fais une quiche lorraine. J’adore les petits déjeuners anglais. Une paire de pantoufle arrive dans ma vie et je me demande si je ne deviens pas vieux. Aucune importance, à chaque âge ses plaisirs et Emilie Simon m’achève au théâtre Edouard 7, sa jolie voix flûtée à elle seule peuplerait un désert.

Crowded House et Weather with you me ramènent à Brighton avec Kathy pour cette merveilleuse soirée de juillet à écouter deux guitaristes avec leur sèche hypnotiser une centaine de passants arrêtés dans le temps à la faveur de ces quelques notes, quelques pintes et de la chaleur de la nuit.

Le dernier Radiohead me rappelle alors que j’ai décidé de rompre avec elle et de repartir sur les sentiers de la vie. Sigur Ros entre quelques parenthèses expurge le gros des larmes. M revient, plus sensible peut-être qu’avant, pour soigner mon ego. 

Jimi Hendrix, Led Zep, AC/DC, les Red Hots me rappellent mes étés d’adolescent à la mer. La guitare, les doigts qui font mal, mon père qui trouve que c’est trop fort, mais qui avoue que ce n’est pas mauvais. John Lee Hooker les bœufs que nous nous tapions, mon père et moi, avant qu’il ne parte pour de bon regarder tout ça d’en haut. Les filles, les premiers soubresauts amoureux, et Little Wing qui aide tout ça à s’envoler. Nothing Else Matters me souffle que je ne suis pas forcément doué en drague mais qu’avec 14 minutes de Stairway to Heaven suivi de 10 de Wind of Change on arrive à tout, même à bout des plus résistantes.

550 CDs dans ma bibliothèque. Pas un qui ne me rappelle un souvenir triste, douloureux, parfois joyeux mais un peu trop lointain pour qu’il ne se teinte pas de nostalgie. Difficile de choisir un disque parfois, quand on cherche juste à écouter de la musique.

Taliesin

Note : tous les prénoms ont bien sûr été changés
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Published by Taliesin - dans Coultoule
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